Menu

Documents validés lors de l'AG du 26 avril 2018 à Neuchâtel.

 

Méditation de Jean-Marc Leresche, AG de La Margelle

26 avril 2018, Neuchâtel

 

Chers Amis,

Mesdames et Messieurs,

Il me revient le privilège de vous apporter la méditation de ce soir et je m’en réjouis.

Vous connaissez certainement le TARMED, ce système de facturation des prestations médicales qui donnent des cheveux blancs aux assureurs, médecins, patients et qui rendent les notes d’honoraires si incompréhensibles. Eh bien, je ne vais certainement pas vous étonner en vous disant qu’à La Margelle, nous avons adopté et appliquons scrupuleusement le TARMED.

Non, parce que nous avons des comptes à rendre à l’Office fédéral des Assurances sociales, ni parce que nous pouvons compter sur le soutien financier et généreux d’une caisse-maladie, mais parce que nous sommes convaincus que c’est un très bon système.

Mais, ne vous effrayez pas, chers Amis ! À La Margelle, ces six initiales ont un tout autre sens et je vous le dévoile maintenant, surtout pour vous rassurer !

T comme TEMPS que nous offrons à nos accompagnés. Il n’est pas compté.

A comme ACCUEIL sans jugement, sans idée à l’emporte-pièce, dans la liberté.

R comme RENCONTRE vraie et authentique, dans la confiance et la discrétion.

M comme MARGELLE, où on peut s’arrêter pour puiser un peu de forces et reprendre son chemin.

E comme ÉCOUTE, pas seulement avec les oreilles, mais aussi avec le cœur et tout l’être.

D comme DON gratuit et généreux, sans rien attendre en retour.

Et j’ajouterais un second D comme Dieu qui pose son regard bienveillant sur nos entretiens, qui se fait présent et discret, tendre et aimant.

Alors, évidemment, en appliquant ces principes-là, nous pouvons être des « Assurés » privilégiés. Assurés de l’amour et de l’accueil inconditionnels de Dieu pour chacun de nous. Et nous pouvons dès lors faire nôtres ces principes, sans arrières-pensées.

Pour ma part, j’y vois une invitation à changer un peu ses habitudes et son regard, à transformer ce mot si énervant au moment de payer la note, TARMED, en un élan vers l’autre, vers mon prochain, vers ma prochaine.

Au lieu de prétendre : « Je n’ai pas le temps, car il m’est compté ! » Dire : « Je te donne du temps, sans compter.»

Au lieu de brandir de nombreuses raisons pour ne rien faire ou fuir, oser l’accueil.

Au lieu de tourner la tête et espérer qu’il ne demande rien, aller à la rencontre de l’autre.

Au lieu de courir sans but et y perdre haleine, s’arrêter et souffler un peu.

Au lieu de chercher d’abord à répondre et convaincre, donner un vrai espace d’expression.

Au lieu de demander : « Combien ça coûte ? » Offrir de ce qu’on a. Et si on n’a rien, s’offrir, tout simplement.

Et se rappeler enfin que nous ne sommes jamais seuls. Qu’il y a avec nous, dans tous les moments de notre vie, joyeux ou tristes, faciles ou difficiles, une Présence qui est comme une lueur de vie et d’espoir, à l’image de la bougie que nous allumons à La Margelle lors de chaque entretien. Elle est  parfois bien timide, cette lueur, on peine à la distinguer, mais c’est elle, et elle seule, qui peut chasser les ténèbres de nos vies lorsqu’elles sont devenues trop sombres.

Cette lueur, c’est la présence discrète de Celui qui a fait du matin de Pâques, un matin pas comme les autres.

 

Neuchâtel, 26 avril 2018. jml

Méditation de Marianne Chappuis, pasteure, en introduction à l'assemblée générale 2017